Diomay le Gaucher

Written by on 19 février 2014

Considéré comme le “Jeune Vétéran” avec sa douzaine d’années dans le rap, Diomay nous arrive avec un nouvel album intitulé “Le Gaucher”. Fidèle à ses habitudes, ce 6e opus est aux influences hétéroclites avec un répertoire divers et variés. Épaulé par Dj Pimp, ce old timer fait encore résonner son peura. Diomay

Félicitation pour la sortie de ton 6e album. Peux-tu nous en parler ?
diomay-le-gaucherMerci! Il s’agit de mon 6e album que j’ai réalisé avec dj Pimp dans notre studio Hears Kitshen. J’ai fait appel à des producteurs avec qui je n’avais jamais travaillé avant. Je pense à El Gaouli,  Sbona et Diogène, mais aussi perso le turf drama batalian. Concernant les feats, j’ai tout simplement fait appel à des mcs que je trouvais bons et spontanés comme Sho’r Ezé, Medric, Keyfir et Maxell. Que du frais! À mes yeux, ça donne un album vraiment différent des précédents, car à par moi, les ingrédients sont nouveaux. Diomay

Pourquoi le titre « Le Gaucher » ? Diomay
Je suis gaucher et à l’école pour un gaucher c’est assez compliqué. C’est la capacité d’un gaucher à s’adapter à un monde pas fait pour lui qui m’a donné l’idée de développer. Car à mes yeux, le rap est pareil. Je ne rentre pas forcément dans le moule et pourtant je suis toujours là. Mais attention, c’est un album fait aussi pour les droitiers, car c’est un combat pour toutes les personnes différentes. Diomay


Parle-nous de la pièce « Spike Lee » ? Est-il un modèle pour toi ?

Oui, car comprendre son œuvre demande une certaine maturité. Ce qu’il montre dans ses films peut se vérifier dans la réalité. Rien que pour ça, j’ai voulu faire un parallèle. Après tout ça, c’est sans prétention. Il faut savoir que trop de gens le prennent pour un pro black sans vraiment comprendre ce que ça veut dire. À peine ils voient son nom qu’ils partent déjà avec une idée en tête alors j’ai donné ce nom de manière à ce que la personne qui écoute sache déjà de quoi je vais parler et pourtant à la fin elle se rend compte qu’il n’y a aucune déclaration de guerre. Tout va bien. Diomay

diomay 3Pour ceux qui te connaissent moins, parle-nous de tes débuts depuis l’époque de Granite.
Granite et moi avions 17 ans quand on a posé nos premières rimes sur la k7 néochrome dont le nom est reconnu aujourd’hui. S’en sont suivies des apparitions sur le 1er album de Salif, un passage éclaire chez For my people, mon départ en solo et ma rencontre avec le producteur, le roumain qui produira intégralement toute ma période “dirty south” et mes trois derniers albums solos ! Diomay

Après 6 albums, plusieurs mixtapes et nombreuses collaborations, y a-t-il un moment où tu as pensé arrêter le rap ?
Oui, tous les jours. Il faut bien comprendre une chose, la phrase : “All i need is one mic” n’est qu’un mythe. Un mc seul s’arrête vite de lui-même. Qu’est ce qui fait que j’ai continué ? La premier chose : les sons. J’ai la chance d’être reconnu auprès des beatmakers. À chaque fois qu’un mec fait un beat chaud, il se dit que très peu de mcs français peuvent poser dessus et souvent mon nom revient. Du coup, je reçois dans ma boite mail des musiques de folie. Si je ne les prenais pas, cela voudrait dire que dans le fond, je n’aime pas vraiment le rap.

Est-ce que la pièce « Rendez-vous dans 10 ans » se veut un message pour tous ceux qui débutent dans le rap ? Si oui, lequel précisément ? Comment vois-tu la scène d’aujourd’hui ?
Pour moi, le rap est un sport dans lequel tu dois respecter les autres joueurs. Il y a aussi l’esprit de compétition et ce titre, c’est un défi que je lance à une génération qui a eu trop vite le souhait d’enterrer les artistes venus avant eux. Et ce défi, c’est “Rendez vous dans dix ans” car dans le rap français, on nous a jamais appris à s’installer de façon durable. C’est ce qui fait qu’on perd de très bons joueurs car ils se consument trop vite. Je donne alors rendez-vous dans dix ans afin de voir qui sera encore de la partie et pour certain mc j’espère me tromper et les voir dans le paysage musical dans dix ans.

Avec tout ce qui se passe dans la rap game, est-ce que tu t’amuses encore autant comme à tes débuts ?
Moi, j’ai ma vision des choses. Mes confrères ont lâché l’affaire car beaucoup n’aime pas la direction qu’a pris le rap. Cependant, on peut voir les choses d’un angle différent. Pour ma part, je ne crois plus au rap. Je crois en mon rap, ce qui veut dire que j’ai dû choisir entre attendre le retour de mcs talentueux comme les X-Men ou Arsenik et faire les albums que moi-même j’écouterai. Je pense que de ce coté-là, je fais le job grâce à dieu bien sûr.

diomay 4On te voit sur scène bientôt ?
Bien sûr, la scène c’est un de mes points forts. Il me tarde de le montrer d’avantage.

Mot de la fin ?
Merci pour toute ces questions. Rendez-vous dans dix ans!


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